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FN : L’art de tromper son électorat

Pour Martial Foucault, le directeur du Cevipof, la candidate FN multiplie les promesses de «  bon sens  », sans chiffrage ni fléchage.

Le Front national séduit les agriculteurs en proposant de « franciser les aides », pour rompre avec le libéralisme européen. Au moment de traduire les annonces en actes, il se défile.

Selon la dernière vague d’enquête du Centre d’études de la vie politique française (Cevipof) pour le Monde, 35 % des agriculteurs s’apprêteraient à voter pour Marine Le Pen.

Au Salon de l’agriculture, la candidate FN, déclarant vouloir « franciser les aides », a pu tester sa proposition phare en direction des paysans  : la « transformation de la Politique agricole commune » (PAC) européenne en « Politique agricole française » (PAF). Avec un certain succès, car « une partie d’entre eux est franchement hostile à l’Union européenne, dont ils ont une vision uniquement verticale  », analyse Martial Foucault, le directeur du Cevipof.

Et puisque de cette tutelle « ils ne retiennent que les normes et les réglementations », la candidate FN multiplie les promesses de « bon sens », sans chiffrage ni fléchage : « simplifier le quotidien des agriculteurs en stoppant l’explosion des normes administratives », « appliquer le patriotisme économique aux produits agricoles français », « interdire l’exportation (de ceux) qui ne respectent pas les normes de production françaises » et surtout « refuser les traités de libre-échange (Tafta, Ceta, etc.) ». Une volonté affichée à grands coups de menton, qui flanche sitôt les caméras éteintes.

Opposés au libre-échange mais absents des votes contre le Tafta

En mai 2015, Le Pen annonçait une « campagne anti-Tafta » qui devait faire du FN « la force motrice du débat public ». Le 28, il n’y avait sur les bancs du FN au Parlement européen ni Marine Le Pen ni Aymeric Chauprade, pour voter contre le rapport approuvant le cadre des négociations au sein de la commission du commerce international du Parlement européen, condition préparatoire à l’application du Tafta…

Les conseillers régionaux ou municipaux FN ne font pas mieux : en février 2014, la Provence-Alpes-Côte d’Azur se déclarait, à l’initiative du Front de gauche, « zone hors Tafta » ? Le Front national votait contre.

En mai 2016, au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, ils ont courageusement refusé de participer au vote. Il s’agissait pourtant, dit la résolution adoptée par les seuls groupes de gauche, de refuser la « remise en cause des principes essentiels pour notre agriculture » et de demander que « notre modèle agricole, alimentaire et environnemental soit préservé tout en permettant d’ouvrir de nouveaux débouchés dans des conditions acceptables ». Ce que demandent les agriculteurs eux-mêmes, mais qu’au-delà des postures, le Front national ne semble pas prêt à défendre.

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