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1er MAI 2021

Discours du secrétaire de l’UL de CARMAUX

Cher camarade,

C’est un immense honneur pour l’ Union Locale CGT de Carmaux d’accueillir ce 1er mai départemental. La fête internationale des travailleurs, fraternelle, solidaire, revendicative et porteuse de progrès social.

Se retrouver ici, au pied de la statue de Jaurès, a toujours été un symbole fort pour nous. Le lourd héritage que nous a laissé cet illustre défenseur de la paix et de la classe ouvrière nous rappelle sans cesse que son idéologie demeure bien présente encore.

L’histoire du syndicalisme a connu ici même ses balbutiements, des hommes et des femmes en quête d’un monde plus juste, d’une société façonnée pour l’égalité et le respect des travailleurs.

Bercée par les conquis sociaux et les luttes, nous sommes fiers de notre condition ouvrière à l’heure où la lutte des classes n’a jamais été autant d’actualité.

Nos aînés nous ont montré la voie, les ouvriers verrier, précurseurs des SCOP, en construisant de leurs propres mains la célèbre coopérative ouvrière de la Verrerie d’Albi. Puis les mineurs de fond qui ont grandement contribué à la prise de conscience collective sur des sujets essentiels comme la sécurité et les conditions de travail. Les prémices des CHSCT allaient voir le jour avec l’instauration du statut du mineur de fond.

Enfin le vivre-ensemble, la solidarité, l’échange l’entraide et l’ouverture aux autres. La richesse de notre bassin minier c’est sa diversité, cette mixité sociale qui fait notre force.

L’internationalisme plutôt que la mondialisation. Des ouvriers attachés à leur racine mais uni pour l’intérêt collectif avec des idéaux commun.

La dernière fois que nous sommes retrouvés ici c’était il y a 18 mois, le 26 janvier 2020 pour les manifestations contre la réforme des retraites. Les salariés s’étaient rassemblés en nombre pour résister aux attaques frontale de ce gouvernement. Nos combats d’hier, dans ce qu’ils appellent « le monde d’avant » sont encore plus significatifs aujourd’hui : justice sociale, pénibilité, reconnaissance et protection des travailleurs, répartition des richesses. Mais surtout le droit et l’accès à la santé pour tous.

Cette pandémie du coronavirus aura eu au moins le mérite de mettre en lumière les premiers de corvées, les invisibles devenus en un claquement de doigt « essentiels à la nation ». Nous avons aussi pu nous rendre compte des incohérences des politiques libérales des gouvernements successifs. Plus de 100 000 lits d’hôpitaux supprimés en 3 quinquennats, des riches toujours plus riches et des pauvres de plus en plus nombreux.

Nous détenons même le titre honorifique de champion d’Europe des grandes fortunes, excusez du peu.

Que serait aujourd’hui notre pays sans la sécurité sociale, surtout après un tel chaos planétaire.

Rappelons que ce projet révolutionnaire créé en 1945 par Ambroise Croizat, secrétaire CGT de la Fédération des métaux et ancien ministre du Travail communiste, est le garant de notre socle social et de notre système de santé. Un ouvrier à l’origine de cette idée géniale, ce qui démontre bien que les plus belles réalisations sociales ne sont pas seulement l’apanage de personnes issues des grandes écoles. Malheureusement le pouvoir se partage de moins en moins et trop peu nombreux sont les ouvriers élu dans les instances décisionnaires. Tant au niveau national qu’au niveau local.

Œuvrons pour faire changer les mentalités, faisons valoir nos idées et ne leur laissons pas la place.

Rien n’est à eux, tout est à nous.

Continuons de nous battre pour le préserver . Bon anniversaire à la sécu et merci Monsieur Croizat.

Pourtant le président des riches continue à s’affairer, à vouloir détruire notre joyau national.

Pour celui qui se présentait comme Sauveur de la nation face à la bête immonde, le garant de la démocratie, le constat est accablant, son projet est un véritable bond en arrière de plusieurs décennies, une sorte de « retour vers le futur » à la sauce start-up nation.

Le seul titre que l’on pourrait lui attribuer c’est celui d’être le président des crises. Crise des institutions, crise de la moralisation de la vie politique, crise des gilets jaunes et enfin crise du coronavirus.

Au contraire pour les salariés de notre pays c’est un sentiment partagé, entre la crise de nerfs et la crise de foie.

Toutes les fois où nous nous sommes sentis humiliés, Gaulois réfractaires, feignants et cyniques ou ceux qui ne sont rien...

Justement, son échec c’est cette perte de confiance envers les institutions, les élus et même face au vote. Beaucoup de français ont perdu la foi.

Les derniers résultats doivent nous alerter, que ça soit au niveau des élections professionnelles ou politiques. Les électeurs désertent de plus en plus les bureaux de vote abandonnant le seul outil démocratique restant à notre disposition pour faire changer les choses et retrouver enfin une société plus juste et des jours heureux.

Des bastions de résistance voient le jour un peu partout sur le territoire national.

Localement, beaucoup de choses se passent. Les salariés se mobilisent et s’organisent dans les luttes et les initiatives spontanées.

À Castres les éboueurs entament leur 3e semaines de grève, ici à Carmaux les salariés de Qualiphone dénoncent les conditions de travail et le recul social qu’ils subissent régulièrement. Il y a aussi la lutte des laboratoires Eurofins avec une antenne ici à Carmaux (le patron des ces Labos est un milliardaire qui n’as pas daigné sortir un seul € pour répondre à la valorisation des salariés en temps de crise).

À tous ceux qui se lèvent contre l’oppression de la classe dominante nous voulons leur dire que la CGT sera toujours à leurs côtés.

Je voudrais avoir aussi une pensée pour nos camarades de l’Aveyron qui souffrent et qui se battent avec force, dignité et détermination. Aux copains de la Bosch à Rodez, dont certains salariés vivent sur votre bassin d’emploi, à ceux de la SAM à Decazeville dans une ville minière comme la nôtre. Nous leur apportons tout notre soutien et nos pensées les plus fraternelles.Dans notre ville, la diversité des actions partagées, citoyennes et écologiques sont porteuses d’espoir.

La solidarité se caractérise par des mouvements fort, les couturières solidaires qui ont confectionné bénévolement des centaines de masques pendant la première vague.

Les bénévoles des associations caritatives, le secours populaire toujours à pied d’œuvre pour combattre la précarité et la résignation.

Des citoyens se rassemblent quotidiennement depuis des mois pour sauver les rivières et les écosystèmes mise en danger par la négligence peu scrupuleuse de certains.

N’oublions pas la jeunesse de notre pays qui souffrent insidieusement.

C’est c’est dans ce sens que notre camarade Antonin a organisé une collecte de fonds pour distribuer des denrées alimentaires aux étudiants, les images de file d’attente interminable sur les trottoirs font froid dans le dos.

Il y a aussi de la création de collectifs pour ne pas oublier la mémoire ouvrière et notre passé minier. Nous ne pouvons rester sans rien faire en voyant notre mémoire ouvrière tomber en décrépitude. La preuve la plus éloquente demeurant sur le site de Cap Découverte, où tous les engins sont laissés à l’abandon, livrés à eux-mêmes et aux affres du temps qui passe. Quelle tristesse !.

Pour reprendre une citation de Jean Jaurès « le passé d’un peuple n’est jamais improductif, il est comme la couche profonde dans un sol labourable, les nouvelles moissons se nourrissent de soleil du jour et des réserves anciennes du sol. »

Pour terminer je voudrais avoir une pensée pour notre camarade Gabriel Miranda, qui nous a quitté il y a 10 ans et qui a grandement contribué à la valorisation des métiers de verrier et du musée du verre de Carmaux . Tu nous manque Gaby.

Enfin je voudrais avoir une pensée émue pour mes copains et mes camarades du service Ramassage ordures ménagères de l’interco de Carmaux.

Le 25 août 2020, un de leur collègues à perdu la vie au travail, emporté dans sa jeunesse un matin d’été.

À notre connaissance, très peu, trop peu de municipalités de cette interco ont honoré sa mémoire en respectant une minute de silence. Nos vies valent pourtant bien plus que leurs profits..

Il s’appelait Rémi, il avait 28 ans et il venait d’être papa.

Pour tout les travailleurs du monde entier, pour la solidarité, pour l’égalité, pour la dignité et le progrès social.

Vive le 1er mai, vive la CGT

Imprimez et diffusez auprès de vos collègues et amis le document ci dessous.

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Intervention Secrétaire UL de Carmaux

Prise parole du secrétaire de l’Union Départementale CGT du TARN.

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Prise Parole UD81

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